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Portabilité des données de vos logiciels

Fichier client dans le CRM, factures dans la comptabilité, historique dans le logiciel métier : la donnée de l’entreprise vit chez ses éditeurs. Deux textes européens encadrent désormais le droit de la récupérer. Voici ce qu’ils couvrent, ce qu’ils ne couvrent pas, et comment s’organiser pour rester indépendant.

Des blocs de données sortent d’une boîte fermée pour rejoindre un contenant ouvert

Pourquoi la portabilité est devenue un sujet d’entreprise

Une PME utilise souvent plusieurs logiciels en ligne : un CRM, un outil de facturation, un logiciel de comptabilité, un logiciel métier propre à son secteur. Chacun stocke une partie de l’histoire de l’entreprise, dans son propre format, sur ses propres serveurs. Tant que tout fonctionne, la question ne se pose pas. Elle se pose le jour où l’on veut changer d’outil, croiser deux sources ou simplement disposer d’une copie complète.

C’est là que l’on découvre les limites : un export partiel, un format difficile à relire, des pièces jointes absentes, un délai de préavis long. La portabilité, c’est la capacité de récupérer ses données dans un format exploitable, au moment où on le décide. L’indépendance, c’est d’en avoir organisé la possibilité avant d’en avoir besoin.

Ce que dit le RGPD : l’article 20

Le règlement général sur la protection des données (RGPD) a créé un droit à la portabilité pour les personnes physiques. L’article 20 leur permet de recevoir les données personnelles qu’elles ont fournies à un organisme « dans un format structuré, couramment utilisé et lisible par machine », et de demander leur transmission directe à un autre organisme lorsque c’est techniquement possible.

  • Le droit ne vaut que si le traitement repose sur le consentement ou sur l’exécution d’un contrat.
  • Il ne concerne que les traitements automatisés : les fichiers papier sont exclus.
  • Les données dérivées ou calculées par l’organisme, comme une segmentation marketing, n’en font pas partie selon la CNIL.
  • L’organisme répond dans un délai d’un mois, prolongeable de deux mois selon la complexité et le nombre de demandes (article 12).

Pour une entreprise, ce droit a deux conséquences. Elle doit pouvoir y répondre quand un client l’exerce, ce qui suppose de savoir où se trouvent ses données. Et il ne suffit pas à protéger ses propres intérêts : l’article 20 protège les personnes, pas l’entreprise face à ses éditeurs.

Ce que change le Data Act pour les entreprises

Le règlement (UE) 2023/2854, dit Data Act, est applicable depuis le 12 septembre 2025. Son chapitre VI traite du changement de fournisseur de services de traitement de données, c’est-à-dire du cloud et des services en ligne qui entrent dans sa définition. Il s’adresse cette fois aux clients professionnels comme aux particuliers.

L’article 25 impose que le contrat prévoie plusieurs clauses : un délai de préavis pour lancer le changement qui ne dépasse pas deux mois, une période transitoire maximale de trente jours calendaires pour effectuer la migration, l’obligation pour le fournisseur de concourir à la stratégie de sortie du client, et une spécification exhaustive des catégories de données et d’actifs numériques portables, comprenant au minimum toutes les données exportables.

L’article 29 encadre le prix de la sortie. Jusqu’au 12 janvier 2027, le fournisseur peut facturer des frais de changement réduits, qui ne dépassent pas les coûts directement liés au processus. À compter du 12 janvier 2027, il ne peut plus en imposer aucun.

Deux textes, deux angles
  • RGPD, article 20

    Qui est protégé
    Les personnes physiques
    Ce qu’il garantit
    Recevoir ses données fournies dans un format structuré et lisible par machine, ou les faire transmettre
  • Data Act, articles 23 à 31

    Qui est protégé
    Les clients de services de traitement de données, y compris les entreprises
    Ce qu’il garantit
    Changer de fournisseur avec un préavis de deux mois maximum, une migration de trente jours maximum et des frais encadrés

Ce que ces textes ne font pas à votre place

Un droit à l’export n’est pas une copie disponible. Le jour où vous en avez besoin, il faut encore savoir quoi demander, à qui, et dans quel format. Il faut aussi relier entre eux des fichiers venus de logiciels différents, qui n’emploient pas les mêmes identifiants pour un même client.

Le format compte autant que le droit. La CNIL cite le CSV et le JSON comme formats ouverts adaptés, et considère qu’un PDF ou un format propriétaire soumis à licence n’est en principe pas adapté à la portabilité. Une sauvegarde illisible sans le logiciel d’origine ne rend pas l’entreprise indépendante.

Organiser son indépendance en cinq étapes

  1. Lister chaque logiciel qui stocke une donnée de l’entreprise, avec son éditeur, son contrat et la personne qui l’administre.
  2. Relire les contrats : clauses d’export, formats proposés, préavis, frais de sortie, et les comparer aux exigences du Data Act.
  3. Tester un export complet sur chaque logiciel, puis vérifier qu’il se relit sans l’outil d’origine.
  4. Mettre en place une copie régulière, dans un format ouvert, plutôt qu’un export manuel fait une fois par an.
  5. Rapprocher les sources : un même client doit être reconnu dans le CRM, la facturation et le logiciel métier.

Cette démarche ne demande pas de quitter ses logiciels. Au contraire : une entreprise qui dispose d’une copie à jour et reliée de ses données négocie mieux avec ses éditeurs, change d’outil plus sereinement et peut enfin croiser des informations restées séparées.

Ce que fait Quirel

  • Quirel Connect connecte et synchronise vos logiciels : la donnée du CRM, de la comptabilité et du logiciel métier est rassemblée au même endroit.
  • Quirel Access met ces données à disposition de l’entreprise, de Quirel et des agents IA que vous autorisez.
  • Vous gardez vos logiciels actuels : l’indépendance vient d’une copie reliée et à jour, pas d’un changement d’outil.
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Questions fréquentes

Le RGPD permet-il à une entreprise de récupérer ses données chez un éditeur ?

Non, pas directement. L’article 20 du RGPD protège les personnes physiques. Pour une entreprise cliente d’un service en ligne, ce sont le contrat et, depuis le 12 septembre 2025, le Data Act qui encadrent la récupération des données et le changement de fournisseur.

Mon éditeur peut-il facturer l’export de mes données ?

Pour le changement de fournisseur couvert par le Data Act, des frais réduits restent possibles jusqu’au 12 janvier 2027, limités aux coûts directement liés au processus. À compter de cette date, aucun frais de changement ne peut être imposé.

Quel format demander ?

Un format structuré et ouvert, comme le CSV ou le JSON, qui se relit sans le logiciel d’origine. Un PDF convient pour lire un document, pas pour réutiliser des données.

Sources

Portabilité des données de vos logiciels · Quirel